À propos
Andrée Chapatte est artiste de performance et fascia-thérapeute, basé à Bruxelles. Il travaille depuis la scène, la page et la table de soins, sur un même ensemble de questions.
Le travail actuel porte sur les masculinités et le toucher. Plus précisément : ce que fait un corps quand il cesse de performer la dominance, et ce qui devient possible ensuite. La pièce la plus récente est Le Vendeur d'Images, imaginée en 2024 et développée avec Baxter Halter depuis début 2025.
Le travail par les mains s'appelle la Pédagogie Perceptive, une pratique fondée sur les fascias qui traite l'attention comme quelque chose qui s'entraîne. Il s'est formé à la Body Mind Academy auprès d'Anja Rottgerkamp entre 2022 et 2025.
L'éparpillement des intérêts d'Andrée est sa méthode. Le corps est la constante, et la discipline est celle dont la question a besoin ce jour-là.
Comment il en est arrivé là
Photo : Domi Savatier
Andrée a commencé par raconter des histoires et dessiner des images au crayon. Enfant, il dessinait des personnages de bande dessinée en enregistrant sa voix sur un magnétophone à cassettes bon marché, et l'obsession de la BD l'a mené d'une école d'illustration à Genève jusqu'à Amsterdam pour y étudier l'édition. Il a raté un semestre pour avoir été trop têtu, puis l'immeuble où il vivait a pris feu, réduisant en cendres ses outils d'illustration, sa bibliothèque et ses archives. Il est resté, a quitté le design graphique pour le département audiovisuel, et a continué à travailler.
C'est aussi à Amsterdam que les vraies questions ont commencé. Sa boîte de nuit préférée était le Frankrijk, queer-punk, où il passait ses mercredis soirs à regarder des spectacles de drag en buvant de la bière bon marché. Constatant que personne dans son cercle cishet de musiciens et d'artistes ne s'intéressait à questionner son propre genre, il a commencé à faire des recherches sur les masculinités, un fil qui traverse tout depuis.
Insatisfait du caractère sédentaire et numérisé qu'avait pris l'illustration, il s'est installé à Bruxelles et s'est inscrit à l'Institut Supérieur d'Art et Chorégraphie (ISAC), sans avoir pris un cours de danse depuis ses dix ans. Échanger l'encre sur papier contre le corps s'est avéré moins un départ qu'il n'y paraissait. La fascination est restée la même : générer des émotions complexes avec des outils simples, et laisser le physique faire ce que les symboles soigneusement choisis ne peuvent pas. À l'été 2019, il a rejoint le programme DanceWEB du festival ImPulsTanz à Vienne, où l'intensité de la scène internationale l'a convaincu de prendre au sérieux le travail entre hommes et de contribuer à construire la communauté qui l'entoure à Bruxelles.
Depuis, ce travail entre hommes s'est développé dans deux directions à la fois : vers l'extérieur, dans la facilitation, avec Liminal Brussels, et vers l'intérieur, dans le corps, à travers la pratique des fascias et du toucher qu'il appelle aujourd'hui la Pédagogie Perceptive.
Pour les séances, ateliers et facilitation, voir Liminal Brussels ou écrivez-moi.